11 septembre 2007
Que penser des cyber-attaques chinoises relatées par la presse ?
La semaine passée, la Chine était accusée de multiplier les cyber-attaques contre les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.
Des articles alarmistes relayait l'information donnée par Francis Delon, secrétaire général de la défense nationale française (SGDN), faisant également état de cyber-attaques avec " un passage par la Chine " à mettre en relation avec celles signalées "aux Etats-Unis et
en Allemagne".
Ce dernier se gardait néanmoins de toutes conclusions hâtives, indiquant qu'il restait " prudent " et ajoutant " Quand je dis Chine, cela ne veut pas dire gouvernement
chinois. Nous n'avons pas non plus d'indication qu'il s'agit de l'Armée
populaire chinoise ".
Le Monde précisait que " Selon une source proche du dossier, parmi les cibles en France figurait le site internet du ministère de la Défense. "
Il semblerait que Francis Delon ait eu raison de se montrer prudent puisque si les cyber-attaques qui ont visé les systèmes d'information français apparaissent avoir transité par la Chine, une dépêche de l'AFP via Google vient de se faire l'écho des conclusions de Sophos selon lesquelles la seule certitude qui existe est que la Chine est un des " poids lourds " de la cyber-criminalité devant les Etats-Unis.
De plus, le blog Libertes internet revenait sur le sujet en début de semaine et nous livrait ( toujours avec un certain franc parler et une distance avec le discours ambiant) une reflexion intéressante sur la question.
Prenant un certain nombre d'exemples, il observait que " Ce n'est pas des
attaques dont on entend parler qu'il faut avoir peur, mais de celles
dont on entend jamais parler ".
Il parvenait à cette conclusion:
" Pourquoi avoir peur de ce dont on entend pas parler?
Parce que ceux
qui ont intérêt à détruire un réseau se contenteront d'un accès non
repéré leur permettant d'agir si besoin, il ne tenteront pas d'alerter
leur victime en lançant un stupide DDoS... "
En définitive, la question aujoud'hui n'est effectivement pas de savoir si chaque gouvernement ou chaque entreprise a les moyens (et ce serait heureux) de faire face à des menaces connues.
La vraie question est de savoir si chaque gouvernement ou chaque entreprise met en oeuvre les mesures nécessaires pour ne pas s'exposer aux risques et celles nécessaires pour identifier et parer aux menaces non encore identifiées et là, la question reste entière ...
Au vu de la naïveté des uns et des données qui viennent de nous être communiquées, il est permis de s'interroger ...
Suite de la réflexion demain voire dans les jours qui viennent ... enfin, dès que le temps nous sera un peu donné ...
Source: http://www.kitetoa.com/Pages/Textes/Textes/Texte11/20070910-hackeurs-chinois-et-presse-en-folie.shtml
04 juin 2007
Parasitisme économique: kesako?
Le parasitisme économique se définit comme " l'ensemble des comportements par lesquels un agent économique s'immisce dans le sillage d'un autre afin de tirer profit, sans rien dépenser, de ses efforts et de son savoir-faire ".
Qui n'a pas déjà été abusé sur un rayonnage par le conditionnement d'un produit sensiblement similaire (quant à la forme, la couleur, la présentation) à celui dont il envisageait l'achat?
Mais savez-vous exactement ce que recouvre la notion de parasitisme économique?
La notion de parasitisme économique est plus large que celle de concurrence deloyale.
En effet, les agissements parasitaires peuvent être sanctionnés en dehors de toute confusion entre les acteurs économiques et sans que l'auteur de la faute ne soit un concurrent.
Sur le fondement du parasitisme, les tribunaux sanctionnent le comportement de l'agent économique constitutif d'un acte parasitaire fautif et générateur d'un dommage.
L'acte parasitaire est le comportement par lequel " un agent économique s'immisce dans le sillage d'un autre afin de tirer profit, sans rien dépenser, de ses efforts et de son savoir-faire. "
Sur le fondement du parasitisme, les tribunaux sanctionnent principalement deux types de comportement: l'usurpation de la réputation d'autrui et l'usurpation des efforts et investissements (intellectuels, financiers, promotionnels, ...) d autrui.
La faute constitutive d'acte parasitaire s'analyse comme " tout acte contraire aux usages du commerce,
traduisant un excès dans l’utilisation de la liberté du commerce et de
l’industrie ".
La faute intentionnelle comme celle d'imprudence sont sanctionnées sur le fondement de l'article 1382 ou de l'article 1383 du Code Civil.
A la différence de la concurrence déloyale, les agissements parasitaires peuvent être caracterisés même en l'absence de risque de confusion mais la confusion peut servir de circonstance aggravante en matière de parasitisme.
Les tribunaux sanctionnent le préjudice résultant des comportements déloyaux mais également le simple dommage.
Ainsi, tout autant que la depreciation d'une marque ou d'un nom de domaine, les atteintes au développement économique ou à la réputation commerciale peuvent ouvrir droit à réparation.
Dans un prochain article, nous examinerons plus spécialement le parasitisme lié aux noms de domaines.
Dernière précision importante: les actions pour agissements parasitaires se prescrivent par 10 ans, généralement à compter du moment où le dommage a été réalisé mais également parfois à compter du moment où il a cessé.
Nota bene: Cet article se veut une synthèse rapide de la matière et ne saurait en aucun cas engager la responsabilité de son auteur. Chaque espèce étant différente, il est conseillé, avant toute action, de se rapprocher d'un professionnel du Droit.